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DEC : les 3 épreuves et les erreurs à éviter

Date de publication

24 août 2026

Le diplôme d'expertise comptable se joue sur trois épreuves. Beaucoup de candidats en comptent quatre, et cette confusion en dit long sur la façon dont on se prépare au DEC : on redoute la révision légale, on néglige la déontologie, et on découvre trop tard que le mémoire est l'épreuve qui élimine le plus.

Voici comment les trois épreuves fonctionnent réellement, ce que le jury reproche session après session, et ce qui change en 2026 et 2027.

Trois épreuves, pas quatre

Le mémoire et la soutenance ne sont pas deux épreuves distinctes. L'arrêté du 13 février 2019 définit l'épreuve n° 3 comme la rédaction et la soutenance d'un mémoire : un seul objet, une seule note. À l'inverse, la déontologie, souvent absente des résumés qui circulent, en est une à part entière.

ÉpreuveNatureDuréeCoefficientNote éliminatoire
N° 1 Réglementation professionnelle et déontologieÉcrit, questions ou QCM1 h1sous 6/20
N° 2 Révision légale et contractuelle des comptesÉcrit, cas pratiques4 h 303sous 6/20
N° 3 MémoireRédaction et soutenance orale1 h maximum4sous 10/20

Le diplôme est décerné à ceux qui obtiennent une moyenne générale d'au moins 10 sur 20 sur les trois épreuves, sans note éliminatoire. Les épreuves ont lieu deux fois par an, en mai et en novembre, et l'inscription suppose une attestation de fin de stage en cours de validité, délivrée à l'issue des trois années décrites dans notre guide sur comment se déroule le stage d'expertise comptable.

Retenez l'asymétrie des seuils : 6 sur 20 aux écrits, 10 sur 20 au mémoire. C'est de là que vient tout le reste.!

Tableau les 3 épreuves du DEC

Épreuve n° 1, déontologie : le coefficient 1 qu'on néglige à tort

Une heure, coefficient 1, sous forme de questions à réponses courtes ou de QCM. Sur le papier, l'épreuve la plus légère du diplôme. Dans les faits, la moyenne de la session de printemps 2026 s'établit à 9,71 sur 20, et 6,37 % des candidats y ont décroché une note éliminatoire.

Le jury pointe une cause récurrente : la partie consacrée à la déontologie de l'expert-comptable est nettement mieux réussie que celle relative au commissaire aux comptes. La correction révèle que certains candidats confondent purement et simplement les deux corpus de règles. Ce sont deux professions réglementées, deux codes, deux logiques d'indépendance.

L'erreur à éviter. Traiter cette épreuve comme un bonus parce que le coefficient est faible. Un candidat qui la prépare sérieusement engrange des points de compensation utiles ailleurs. Un candidat qui la survole prend le risque d'une note sous 6 qui annule tout le reste.

Point pratique souvent découvert le jour J : pour l'épreuve n° 1, aucune documentation n'est autorisée. Vous composez avec le seul matériel d'écriture.

Épreuve n° 2, révision : la plus redoutée, pas la plus éliminatoire

Quatre heures trente, coefficient 3, sous forme de cas pratiques. C'est l'épreuve dont la réputation précède le diplôme, et elle la mérite en partie : la moyenne de la session de printemps 2026 s'établit à 9,01 sur 20, et 31 % des candidats se situent entre 8 et 10, c'est-à-dire à quelques points de la moyenne sans l'atteindre.

Mais 9,01, c'est mieux que les sessions précédentes, et surtout : seuls 8,48 % des candidats y obtiennent une note éliminatoire. Soit 64 personnes sur l'ensemble de la session. Cette épreuve fait perdre des points, elle élimine rarement.

Le sujet de printemps 2026 comportait trois dossiers indépendants : un contrôle URSSAF sur 3 points, la nomination d'un commissaire aux comptes dans une association subventionnée sur 9 points, et des difficultés comptables et fiscales sur 8 points.

Les erreurs à éviter. Le jury en cite deux, année après année. Composer sans avoir lu l'intégralité du sujet. Et traiter les dossiers dans leur ordre d'apparition en s'enlisant sur le premier, au détriment des deux autres.

Toute documentation manuscrite ou imprimée est autorisée à cette épreuve. Le jury recommande néanmoins de limiter le volume : chercher dans trois mémentos coûte plus de temps qu'il n'en fait gagner.

Épreuve n° 3, le mémoire : première cause d'élimination

Coefficient 4, une heure de soutenance au maximum. Sur la session de printemps 2026, 1 000 candidats ont soutenu leur mémoire, un record pour une session de printemps. La moyenne de l'épreuve est de 11,27 sur 20, les notes s'échelonnent de 4 à 18, et 78,9 % des candidats obtiennent la moyenne.

L'agrément est un contrat

Le jury est explicite sur ce point et le répète : la demande d'agrément est un contrat passé entre le candidat et les examinateurs. Le titre et le plan sont validés, donc définitifs, et ne peuvent en aucun cas être modifiés ensuite.

Présenter en soutenance un mémoire dont le titre ou le plan ont bougé signifie, aux yeux du jury, que la demande d'agrément n'était pas aboutie. Le candidat n'avait pas assez mûri sa réflexion et s'est trouvé contraint d'ajuster en cours de rédaction.

Un candidat qui n'obtient pas l'agrément et annonce changer de sujet doit effectivement en changer. Reformuler le titre initial pour que la demande passe devant un autre examinateur ne fonctionne pas et se voit.

Les points de forme qui coûtent des places

Le mémoire se dépose sur la plateforme Dexco. L'ensemble des fichiers ne doit pas excéder 60 Mo. Les annexes sont plafonnées à 100 pages, ne doivent contenir que les documents nécessaires au texte principal, et doivent respecter les règles de confidentialité, au besoin par anonymisation.

Le jury insiste par ailleurs sur la présentation et sur l'orthographe, et sur le fait que la demande d'agrément obéit aux mêmes règles de forme que le mémoire lui-même.

La charte d'usage de l'IA

Depuis juillet 2026, une charte d'usage de l'intelligence artificielle doit être complétée, signée et jointe en annexe de la demande d'agrément comme du mémoire. Elle s'applique aux demandes d'agrément transmises à partir de juillet 2026, avec une tolérance jusqu'en octobre 2026, et aux mémoires déposés en vue de la session de novembre 2026, avec une tolérance jusqu'à la session de mai 2027.

Le recours à l'IA n'est pas interdit. Il est admis pour l'assistance linguistique et la mise en forme, l'idéation et la structuration, la recherche et la synthèse documentaire, l'analyse technique et la simulation. Il ne peut en revanche se substituer à la rédaction de tout ou partie du mémoire, qui demeure une recherche personnelle adossée à l'expérience professionnelle du candidat. La charte d'usage de l'IA et son annexe sont téléchargeables sur le site du SIEC.

Le changement de fond est ailleurs. Les examinateurs évaluent désormais la pertinence de l'usage que vous en faites. En soutenance, ils apprécient votre capacité à enrichir les résultats de l'IA par votre analyse personnelle, à les critiquer, et à démontrer que vous en connaissez les limites. Autrement dit, cacher l'usage est un risque, et l'assumer sans recul en est un autre.

Ce qui change en 2026 et 2027

L'arrêté du 23 avril 2026 refond le régime de conservation des notes. Deux évolutions applicables depuis la session de novembre 2026 :

  • Pour chacune des trois épreuves, un candidat non diplômé conserve toute note égale ou supérieure à 10 sur 20 pendant les huit sessions suivantes, sans possibilité de repasser cette épreuve.
  • Pour les épreuves n° 1 et n° 2 uniquement, une note comprise entre 6 et 10 sur 20 peut désormais être conservée sur demande, également pendant huit sessions.

Ce second point change la stratégie de beaucoup de candidats : un 8 en révision, jusqu'ici perdu, devient un capital de points qu'il faut arbitrer entre conserver et retenter.

Deux autres évolutions à intégrer dans votre calendrier :

  • La date limite de dépôt de la demande d'agrément, fixée à six mois avant le début des épreuves, sera supprimée en 2027. Le jury signale que plus de 700 demandes lui sont parvenues dans les 72 heures précédant la date butoir de la session de novembre 2026, ce qui allonge considérablement les délais de traitement. Les demandes peuvent être déposées au fil de l'eau : déposez tôt.
  • L'obligation de s'inscrire aux épreuves n° 1 et n° 2 ensemble lors de la première inscription disparaît à la session de mai 2027.

La stratégie de compensation

Le diplôme s'obtient à 80 points sur 160, sans note éliminatoire. Ces deux conditions sont cumulatives, et c'est là que les parcours se brisent.

Sur la session de printemps 2026, 42 candidats éliminés disposaient pourtant d'un total de points supérieur ou égal à 80. Ils avaient la moyenne générale. Une seule note sous le seuil a suffi à les écarter.

Dans l'autre sens, 114 candidats ont été ajournés sans aucune note éliminatoire, faute d'atteindre les 80 points. Leurs moyennes s'échelonnent entre 8,36 et 9,74.

Deux enseignements pratiques. D'abord, la compensation joue vraiment : on peut être diplômé avec 8 en révision, à condition de sécuriser la déontologie et le mémoire. Ensuite, la marge est étroite : 40,1 % des diplômés de la session sortent avec une moyenne comprise entre 10 et 11, et seuls 18 candidats sur 913 dépassent 14 sur 20.

Le DEC ne se gagne pas en excellant quelque part. Il se gagne en ne s'effondrant nulle part.

Un dernier chiffre pour situer l'enjeu : selon l'analyse de Liberall Conseil sur le salaire d'un expert-comptable, moins d'un quart des collaborateurs en cabinet envisagent réellement d'aller au bout du parcours DEC. Ceux qui se présentent aux épreuves appartiennent déjà à une minorité, et le diplôme reste le principal levier d'accès aux niveaux de rémunération les plus élevés de la profession.

Ce qu'il faut retenir

Trois épreuves, deux seuils. Six sur 20 aux écrits, dix sur 20 au mémoire, et c'est cette asymétrie qui explique pourquoi l'épreuve la mieux notée est celle qui élimine le plus.

La déontologie se prépare parce qu'elle rapporte des points de compensation à coût réduit. La révision se travaille pour ne pas descendre sous 6, sachant qu'elle élimine rarement. Le mémoire se sécurise très en amont, dès l'agrément, parce que sa note ne se rattrape pas.

Enfin, la fenêtre est limitée : l'attestation de fin de stage vaut six ans, prorogeables de deux ans sous conditions. Le taux de réussite de la session de printemps 2026 s'établit à 69,17 %, en hausse sur les trois sessions précédentes. Les conditions sont là, à condition d'attaquer le mémoire tôt et de traiter la déontologie autrement que comme une formalité.

Un mot sur votre employeur, enfin. La prise en charge des frais d'inscription et du temps de révision n'a rien d'automatique, mais elle se négocie, et les cabinets qui accompagnent réellement leurs mémorialistes le savent. C'est aussi un critère de choix quand vous arbitrez entre deux structures. Du côté des dirigeants, le guide de Liberall Conseil sur le recrutement en cabinet d'expertise comptable traite la question sous l'angle de la fidélisation.

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Sources chiffrées : rapport de la présidente du jury du DEC sur la session de printemps 2026 (SIEC, 15 juillet 2026), note du jury aux candidats du 2 juillet 2026, arrêté du 13 février 2019 et arrêté du 23 avril 2026.

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