← Tous les contenus
Articles
Formation

Épreuves du DCG : formats, coefficients et durée de chaque UE

Date de publication

10 juillet 2026

Le Diplôme de Comptabilité et de Gestion est un diplôme national délivré par l'État. Ses épreuves sont identiques partout en France, ce qui en fait un cadre de référence stable pour tout candidat souhaitant intégrer la filière expertise comptable. Comprendre précisément le format de chaque unité d'enseignement, c'est la première condition pour construire une préparation cohérente.

Cet article détaille, unité par unité, la nature des épreuves, leur durée et leur coefficient. Il précise également ce que les examinateurs attendent réellement sur chaque format, au-delà des simples intitulés officiels. Vous y trouverez aussi une méthode de préparation par famille d'UE, un calendrier de révision, les erreurs qui coûtent le plus de points et ce que le diplôme change concrètement une fois en cabinet.

Avant même de choisir sa stratégie de révision, il est utile de savoir dans quel écosystème s'inscrit ce diplôme : le DCG ouvre la voie au DSCG, puis au stage de trois ans et au DEC. Ceux qui hésitent encore sur leur orientation gagneront à consulter notre comparatif des meilleures écoles pour préparer le DCG et le DSCG, qui éclaire le lien entre qualité de préparation et réussite aux UE les plus sélectives.

I. Le DCG en bref : ce que valide vraiment le diplôme

Le DCG confère le grade de licence (bac+3) et correspond à 180 crédits européens (ECTS). Il se compose de 13 unités d'enseignement obligatoires et d'une épreuve facultative de langue vivante étrangère, soit 14 UE au total.

Sur le papier, c'est un diplôme d'État classique. Dans les faits, c'est un filtre. Il valide trois choses que les cabinets recherchent chez un futur collaborateur : une capacité de raisonnement juridique et fiscal, une maîtrise technique de la comptabilité et de la finance, et une aptitude à travailler sous contrainte de temps sur des dossiers denses. Chacune de ces dimensions se retrouve dans le format des épreuves, ce qui explique pourquoi comprendre ce format compte autant que réviser le fond.

Le diplôme se prépare le plus souvent en trois ans, mais les rythmes varient : certains candidats le passent en alternance, d'autres en formation initiale, d'autres encore en candidat libre. Cette diversité de parcours est une force. Elle explique aussi pourquoi les moyennes nationales par UE sont si dispersées : le niveau de préparation n'est pas homogène d'un candidat à l'autre.

II. Le tableau complet des épreuves du DCG (session 2026)

Depuis la réforme de 2019, tous les coefficients sont fixés à 1, sans exception. Ce choix a une conséquence directe sur la stratégie de préparation : aucune matière ne peut être sacrifiée, mais aucune ne peut non plus faire à elle seule basculer le résultat. L'équilibre entre les UE est donc aussi important que la maîtrise des matières les plus difficiles.

Le tableau suivant reprend l'ensemble des UE du DCG avec leur nature, leur durée et leur coefficient, tels que définis par l'arrêté du 13 février 2019, applicable jusqu'à la session 2026 incluse.

UEIntituléNatureDuréeCoef.ECTS
1Fondamentaux du droitÉcrit3h114
2Droit des sociétés et des groupements d'affairesÉcrit3h114
3Droit socialÉcrit3h114
4Droit fiscalÉcrit3h114
5Économie contemporaineÉcrit4h114
6Finance d'entrepriseÉcrit3h114
7ManagementÉcrit4h114
8Systèmes d'information de gestionÉcrit4h114
9ComptabilitéÉcrit3h114
10Comptabilité approfondieÉcrit3h114
11Contrôle de gestionÉcrit4h114
12Anglais des affairesÉcrit3h114
13Communication professionnelleOral1h max112
14Langue vivante étrangère (facultative)Écrit3h1/

Note UE 14 : seuls les points obtenus au-dessus de la moyenne dans cette épreuve facultative s'ajoutent au total général. En dessous de 10/20, la note n'est pas prise en compte. Cette UE ne peut donc que bonifier le résultat.

Comment se calcule l'obtention du diplôme

Le DCG est validé quand la moyenne générale atteint 10/20 sur l'ensemble des UE, avec une règle de compensation. Une note inférieure à 6/20 dans une UE reste toutefois éliminatoire : elle bloque la compensation, même si la moyenne globale est atteinte. Cette règle change tout dans la stratégie. Elle signifie qu'il ne suffit pas de viser une moyenne confortable dans quelques matières fortes pour compenser un effondrement ailleurs. Chaque UE doit franchir un seuil plancher avant que la logique de moyenne ne joue.

Les notes égales ou supérieures à 10/20 sont par ailleurs conservées d'une session à l'autre pendant huit ans. Un candidat peut donc étaler ses UE sur plusieurs années sans repartir de zéro, ce qui rend le diplôme accessible aux personnes déjà en poste.

III. Ce que les formats révèlent sur les attentes du jury

Les UE juridiques (UE 1 à UE 4) : le raisonnement avant la mémorisation

Les quatre UE de droit partagent le même format : épreuve écrite de 3 heures portant sur l'étude d'une ou plusieurs situations pratiques, éventuellement accompagnée du commentaire d'un ou plusieurs documents. Ce format est souvent sous-estimé. L'épreuve ne teste pas la capacité à restituer un cours : elle évalue la capacité à qualifier juridiquement des faits, à articuler un raisonnement logique et à proposer une solution adaptée à une situation donnée.

Concrètement, un correcteur attend un raisonnement en trois temps : identifier le problème de droit posé par les faits, rappeler la règle applicable, puis appliquer cette règle au cas précis. Les candidats qui récitent un cours sans revenir aux faits perdent des points, même quand leurs connaissances sont exactes. C'est la logique du cas pratique juridique, et elle ne s'improvise pas la veille de l'épreuve.

L'UE 1 (Fondamentaux du droit) et l'UE 4 (Droit fiscal) sont historiquement les plus sélectives du DCG. La session 2025 confirme cet écart : la moyenne nationale de l'UE 1 s'établissait à 8,5/20 et celle de l'UE 4 à 9,6/20, contre 11,7/20 pour l'UE 9 (Comptabilité). L'écart n'est pas lié à la complexité intrinsèque des matières, mais à la nature du raisonnement attendu, qui ne s'improvise pas.

Les UE comptables et financières (UE 6, UE 9, UE 10, UE 11) : calcul et analyse combinés

Les épreuves comptables et financières reposent sur des situations pratiques chiffrées. L'UE 6 (Finance d'entreprise) et les UE 9 et 10 durent 3 heures chacune. L'UE 11 (Contrôle de gestion) requiert 4 heures. Cette durée étendue reflète la densité des situations d'analyse à traiter : il ne s'agit pas seulement de calculer, mais d'interpréter les résultats et de formuler des préconisations.

L'UE 9 mérite une attention particulière. Malgré son intitulé d'introduction, elle constitue le socle opérationnel de tout le reste du cursus. Un candidat qui arrive en cabinet sans maîtriser les fondamentaux couverts par cette UE est en difficulté dès les premières semaines. C'est aussi ce que confirment les cabinets recruteurs : la maîtrise des bases comptables conditionne directement la réussite du parcours collaborateur en expertise comptable, depuis la tenue jusqu'à la révision.

L'UE 10 (Comptabilité approfondie) prolonge l'UE 9 sur des opérations plus complexes : immobilisations, contrats de long terme, opérations de consolidation d'entrée. L'UE 6 (Finance d'entreprise) ajoute la dimension analyse : diagnostic financier, choix d'investissement, gestion du besoin en fonds de roulement. Ensemble, ces trois UE dessinent le cœur du métier de collaborateur comptable, celui que les cabinets évaluent en premier lors d'un recrutement.

Les UE managériales et économiques (UE 5, UE 7 et UE 8) : endurance et structuration

Avec 4 heures chacune, l'UE 5 (Économie contemporaine), l'UE 7 (Management) et l'UE 8 (Systèmes d'information de gestion) sont les épreuves les plus longues du DCG. Leur format combine l'analyse d'un dossier documentaire et une question problématisée. Ce qui est évalué, c'est la capacité à mobiliser une culture économique ou managériale actualisée et à structurer un argumentaire.

L'UE 8 est un cas à part. Elle mêle logique des systèmes d'information, bases de données, modélisation des processus et notions de programmation. Beaucoup de candidats la sous-estiment parce qu'elle sort du champ purement comptable. C'est une erreur : la digitalisation des cabinets rend ces compétences de plus en plus centrales, et l'épreuve récompense ceux qui savent relier l'outil informatique à la production comptable.

L'UE 13, Communication professionnelle : la seule épreuve orale

L'UE 13 est la seule épreuve orale obligatoire du DCG. Elle prend la forme d'une soutenance d'une heure maximum, organisée à partir du 8 juin. Le contenu porte sur un rapport de stage ou une situation professionnelle. Le jury évalue non seulement le contenu, mais la capacité à présenter, à argumenter et à répondre aux questions.

C'est souvent l'UE la plus négligée dans la préparation, alors qu'elle est parmi les plus accessibles pour qui la travaille sérieusement. Un rapport structuré, une présentation claire et des réponses posées suffisent à sécuriser une bonne note. À l'inverse, un candidat qui découvre le format le jour J perd des points faciles.

IV. Les quatre UE à surveiller en priorité

Toutes les UE ont le même coefficient. Mais toutes ne présentent pas les mêmes risques. Quatre d'entre elles méritent une attention particulière.

L'UE 1 (Fondamentaux du droit) est la plus piégeuse. La majorité des candidats sous-estiment le niveau d'exigence du raisonnement juridique attendu et arrivent à l'épreuve avec des réponses trop générales.

L'UE 4 (Droit fiscal) est techniquement la plus dense du DCG. La matière évolue chaque année, ce qui signifie que les cours doivent être actualisés en permanence. La réputation d'un établissement sur cette UE est un signal fort de la qualité de son encadrement.

L'UE 9 (Comptabilité) est le fondement de tout. Une note insuffisante ici compromet non seulement le DCG, mais toute la suite du parcours.

L'UE 11 (Contrôle de gestion), avec ses 4 heures d'épreuve, demande une endurance qui se prépare. Les candidats qui n'ont jamais travaillé sur des sujets complets en conditions réelles arrivent épuisés à la fin.

V. Méthode de préparation par famille d'UE

Préparer le DCG comme un bloc unique est la meilleure façon de s'épuiser sans progresser. Chaque famille d'UE appelle une méthode de travail propre.

Réviser les UE juridiques

Le droit se travaille par cas pratiques, pas par fiches passives. La bonne méthode consiste à s'entraîner régulièrement sur des situations à qualifier, en respectant strictement le raisonnement problème de droit, règle, application. La mémorisation des règles vient en soutien, jamais en premier. Un candidat qui a traité vingt cas pratiques annotés arrive à l'épreuve avec un réflexe de raisonnement, ce qui fait toute la différence sur l'UE 1 et l'UE 4.

Réviser les UE comptables et financières

Ici, c'est la répétition d'exercices chiffrés qui paye. La théorie se comprend vite, mais la vitesse d'exécution et la rigueur de présentation se construisent par la pratique. Refaire des écritures, des tableaux d'amortissement, des diagnostics financiers jusqu'à ce qu'ils deviennent automatiques libère du temps mental le jour de l'épreuve pour l'analyse et l'interprétation, là où se jouent les meilleures notes.

Réviser les UE longues (4 heures)

L'UE 5, l'UE 7, l'UE 8 et l'UE 11 exigent une endurance que seuls les entraînements en conditions réelles permettent d'acquérir. Traiter un sujet complet, chronomètre en marche, au moins deux ou trois fois avant l'épreuve, évite l'effet tunnel de la dernière heure. La gestion du temps est une compétence à part entière sur ces formats.

Préparer l'oral de l'UE 13

L'oral se prépare en le répétant à voix haute, idéalement devant quelqu'un. Anticiper les questions du jury sur le rapport, maîtriser son plan et savoir reformuler calmement sont les trois piliers d'une soutenance réussie. Ce travail se fait sur les dernières semaines, une fois les écrits passés.

VI. Calendrier de préparation sur une année

Un candidat qui prépare plusieurs UE dans l'année a intérêt à structurer son travail en trois grandes phases.

De septembre à décembre, l'objectif est l'acquisition. On construit les bases matière par matière, on comprend les mécanismes, on constitue ses supports de révision. C'est la phase la plus longue et la plus déterminante.

De janvier à mars, place à l'entraînement. On passe des cours aux sujets, on multiplie les cas pratiques et les annales, on identifie ses points faibles. C'est aussi la période des inscriptions sur la plateforme Cyclades, à ne pas manquer.

D'avril à mai, c'est la phase de consolidation et de mise en conditions. On enchaîne les sujets complets chronométrés, on révise les points fragiles repérés en phase 2, on cale sa gestion du temps épreuve par épreuve. L'oral de l'UE 13 se prépare juste après les écrits.

VII. Les erreurs qui coûtent le plus de points

Certaines erreurs reviennent session après session dans les rapports de jury. Les connaître, c'est déjà les éviter.

La première est la récitation de cours sur les épreuves juridiques. Un candidat qui déroule ses connaissances sans les appliquer aux faits ne peut pas obtenir la moyenne, même avec un cours parfaitement su.

La deuxième est la mauvaise gestion du temps sur les épreuves de 4 heures. Passer trop de temps sur la première partie d'un sujet et bâcler la fin coûte plus cher que quelques erreurs réparties. Le barème récompense la couverture complète du sujet.

La troisième est la négligence de la présentation sur les épreuves comptables. Un tableau mal structuré, des écritures non justifiées ou des résultats non commentés font perdre des points que le calcul juste ne suffit pas à récupérer.

La quatrième est l'impasse sur une UE jugée secondaire. Avec la règle du 6/20 éliminatoire, aucune matière ne peut être totalement abandonnée sans mettre en péril l'ensemble du diplôme.

VIII. Comment se déroule concrètement la session 2026

Pour la session 2026, les épreuves écrites se sont déroulées du jeudi 28 mai au vendredi 5 juin 2026. Les épreuves orales de l'UE 13 ont débuté à partir du 8 juin. Les résultats seront publiés le 9 juillet 2026. Les inscriptions se font entre janvier et mars via la plateforme ministérielle Cyclades. Les dispenses d'UE sont possibles sous conditions, notamment pour les titulaires d'un BTS CG ou d'un BUT GEA.

Ce calendrier n'est qu'une première étape. Une fois le DCG puis le DSCG obtenus, le candidat entre dans le stage d'expertise comptable de trois ans, qui transforme les connaissances académiques en compétences de terrain. Les diplômés déjà prêts à se lancer peuvent d'ailleurs consulter les offres en expertise comptable et cibler les cabinets qui correspondent à leur profil.

IX. Après le DCG : ce que le diplôme ouvre vraiment

Le DCG n'est pas une fin en soi. Il ouvre trois voies principales.

La première est la poursuite vers le DSCG (bac+5, grade master), étape obligatoire pour qui vise le diplôme d'expertise comptable. Les bases posées au DCG sur le droit, la fiscalité et la comptabilité conditionnent directement la réussite en DSCG, où le niveau d'exigence monte d'un cran.

La deuxième est l'entrée immédiate en cabinet comme collaborateur comptable. Un titulaire du DCG est opérationnel sur la tenue, la révision et une partie de l'établissement des comptes. C'est souvent le meilleur moment pour se confronter au terrain, y compris en parallèle du DSCG en alternance.

La troisième est l'insertion en entreprise, dans un service comptable ou de gestion. Le grade de licence et la polyvalence du diplôme y sont appréciés, notamment sur les fonctions de comptable unique en PME.

Dans tous les cas, le diplôme change la donne à l'embauche. Les cabinets savent lire un relevé de notes de DCG et repèrent immédiatement les profils solides sur les UE juridiques et comptables. Pour comprendre ce que les recruteurs valorisent réellement, il est utile de se pencher sur les logiques de recrutement en cabinet d'expertise comptable, qui dépassent largement la seule mention obtenue.

Conclusion

Connaître le format de chaque épreuve du DCG n'est pas un prérequis facultatif : c'est la condition pour adapter sa méthode de travail à ce que le jury attend réellement. Une épreuve de 3 heures sur dossier juridique ne se prépare pas comme un contrôle continu de comptabilité, et un sujet de 4 heures ne se traite pas sans avoir appris à gérer son temps.

Ce que les données nationales confirment session après session, c'est que l'écart entre les établissements se creuse précisément sur les UE les plus sélectives. Pour ceux qui envisagent ensuite de progresser vers le DSCG et d'intégrer un cabinet d'expertise comptable, les bases posées au DCG sur les matières juridiques, fiscales et comptables sont directement déterminantes. Bien préparer le DCG, c'est déjà préparer la suite de sa carrière.

M'inscrire à la plateforme