Le Diplôme Supérieur de Comptabilité et de Gestion est le deuxième diplôme national du cursus expertise comptable. Il constitue le niveau master du parcours et conditionne directement l'accès au stage d'expertise comptable de 3 ans, lui-même indispensable pour se présenter au DEC. Comprendre la structure de ses épreuves, c'est comprendre les compétences que la profession attend à ce niveau.
Contrairement au DCG, le DSCG ne présente pas tous les coefficients à 1. Deux UE ont un coefficient majoré. Ce détail change profondément l'équilibre de la préparation. Pour ceux qui construisent leur parcours dès le DCG, le choix de l'établissement pèse d'ailleurs lourd sur la réussite ultérieure : notre comparatif des meilleures écoles pour préparer le DCG et le DSCG éclaire ce lien entre encadrement et résultats.
I. La place du DSCG dans le parcours expertise comptable
Le DCG ouvre l'accès au DSCG. Le DSCG ouvre l'accès au stage de 3 ans. Le stage ouvre l'accès au DEC. C'est une progression linéaire, sans raccourci possible, sur une durée totale de 8 à 10 ans entre la première année de DCG et l'inscription à l'Ordre. Chaque étape suppose la précédente, et aucune ne peut être contournée, ce qui fait du DSCG un point de passage obligé pour toute la profession.
Le DSCG confère officiellement le grade de master (bac+5), en conformité avec le cadre européen des diplômes. Il représente un volume de 120 crédits ECTS. À ce niveau, le diplôme ne valide plus seulement des connaissances : il atteste d'une capacité à raisonner sur des situations professionnelles complexes, ce que les cabinets attendent d'un collaborateur confirmé.
Un point structurel à retenir : aucune dispense n'est possible pour les UE 1 et UE 4, quelle que soit la formation d'origine, y compris pour un titulaire de master CCA. Ces deux UE, qui sont aussi les plus sélectives, restent obligatoires pour tous les candidats sans exception. C'est un signal fort de la profession : la gestion juridique, fiscale et sociale d'un côté, la comptabilité et l'audit de l'autre, forment le socle non négociable du métier.
Le DSCG comprend 7 UE obligatoires et une UE facultative.
| UE | Intitulé | Nature | Durée | Coef. | ECTS |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Gestion juridique, fiscale et sociale | Écrit | 4h | 1,5 | 20 |
| 2 | Finance | Écrit | 3h | 1 | 15 |
| 3 | Contrôle de gestion et stratégie | Écrit | 4h | 1,5 | 20 |
| 4 | Comptabilité et audit | Écrit | 4h | 1 | 20 |
| 5 | Management des systèmes d'information | Écrit | 3h | 1 | 15 |
| 6 | Anglais des affaires | Écrit | 3h | 1 | 10 |
| 7 | Mémoire professionnel | Oral | 1h max | 1 | 20 |
| 8 | Langue vivante étrangère (facultative) | Écrit | 3h | 1 | / |
Les coefficients 1,5 changent tout. L'UE 1 et l'UE 3 pèsent chacune 1,5 fois plus que les autres dans la moyenne générale. Une préparation mal calibrée sur ces deux UE peut faire basculer l'ensemble du résultat. À l'inverse, un candidat solide sur ces deux épreuves se donne une marge de sécurité appréciable sur le reste du diplôme.
III. Ce que chaque épreuve teste réellement
UE 1, Gestion juridique, fiscale et sociale : l'épreuve maîtresse
4 heures, coefficient 1,5, et aucune dispense possible : l'UE 1 est l'épreuve centrale du DSCG. Elle couvre simultanément le droit des affaires, la fiscalité et le droit social à un niveau nettement supérieur au DCG. Le format repose sur l'analyse de situations pratiques complexes, souvent multi-domaines, où un même énoncé mêle une question fiscale, une implication sociale et un enjeu juridique.
Les cabinets recruteurs à niveau DSCG regardent cette UE en priorité. Elle teste directement ce qu'un collaborateur senior sera amené à faire : conseiller un client sur une opération qui touche simultanément à la fiscalité de l'entreprise, au statut social du dirigeant et aux implications juridiques d'une réorganisation. C'est précisément ce type de compétence transversale qui pèse dans le parcours collaborateur en expertise comptable, et qui distingue un profil confirmé d'un débutant.
La difficulté de l'UE 1 ne tient pas seulement à l'étendue du programme, mais à l'obligation de croiser les domaines. Un candidat qui a travaillé le droit, la fiscalité et le social en silos, sans jamais les articuler, se retrouve démuni face à un cas transversal. C'est la raison pour laquelle cette UE se prépare sur des sujets complets, pas matière par matière.
UE 2, Finance : analyse avancée et modélisation
3 heures, coefficient 1. L'UE 2 Finance du DSCG est considérablement plus exigeante que l'UE 6 Finance du DCG. Elle suppose la maîtrise des outils de valorisation d'entreprise, d'analyse des marchés financiers et d'évaluation des risques. On y attend une capacité à modéliser, à interpréter des flux de trésorerie actualisés et à raisonner sur la structure financière d'une organisation.
La session 2027 intégrera des dimensions liées à la finance durable et aux critères ESG. Les candidats concernés ont intérêt à anticiper ces thématiques, qui montent en puissance dans les attentes de la profession comme dans les missions réelles des cabinets.
UE 3, Contrôle de gestion et stratégie : coefficient élevé, format exigeant
Avec 4 heures d'épreuve et un coefficient de 1,5, l'UE 3 est l'épreuve la plus longue et la plus pondérée du DSCG. Elle articule des problématiques de contrôle de gestion avancé avec des questions de stratégie d'entreprise. L'examinateur attend une capacité à analyser des décisions de gestion dans leur contexte stratégique et à formuler des recommandations structurées.
Ce qui piège les candidats, c'est le passage permanent entre le chiffre et la vision. Un bon calcul de coût ne suffit pas si le candidat n'en tire pas d'implication stratégique. À l'inverse, une analyse stratégique brillante mais non étayée par les données de gestion perd sa crédibilité. L'épreuve récompense ceux qui tiennent les deux bouts.
UE 4, Comptabilité et audit : le socle technique indispensable
4 heures, coefficient 1, aucune dispense possible. L'UE 4 couvre les normes comptables françaises (PCG) et internationales (IFRS), ainsi que les fondamentaux de l'audit légal et contractuel. C'est l'épreuve qui mesure le plus directement la solidité technique d'un candidat. Les écarts de préparation entre établissements sont les plus marqués sur cette UE.
La maîtrise des IFRS, en particulier, sépare nettement les candidats bien encadrés des autres. C'est aussi l'UE qui ouvre le plus de portes vers les métiers de l'audit et les cabinets internationaux, où la technicité comptable est un prérequis absolu.
UE 5, Management des systèmes d'information
3 heures, coefficient 1. L'UE 5 évalue la capacité à comprendre l'architecture des systèmes d'information, les enjeux de gouvernance des données et la transformation numérique des organisations. Elle couvre également la sécurité informatique et le RGPD dans un contexte professionnel comptable. La réforme 2027 renforce significativement les attentes sur l'intelligence artificielle, la cybersécurité et les outils de modélisation de processus (BPMN). Les candidats préparant la session 2027 devront anticiper une UE sensiblement plus dense que ses versions précédentes.
Cette évolution reflète la réalité des cabinets, où la digitalisation de la production comptable est devenue un sujet central. Une UE longtemps perçue comme secondaire prend ainsi une importance croissante dans le profil attendu d'un futur expert-comptable.
UE 6, Anglais des affaires
3 heures, coefficient 1. L'UE 6 évalue la maîtrise de l'anglais dans un contexte professionnel comptable et financier : compréhension de documents économiques et financiers en anglais, production écrite sur des sujets liés à la gestion et aux affaires. C'est une épreuve souvent négligée dans la préparation, ce qui peut coûter cher dans une moyenne où chaque coefficient compte.
Pour les candidats qui visent les Big Four ou les structures internationales, le niveau attendu au DSCG est directement en phase avec ce qui sera requis en cabinet. Négliger cette UE, c'est se fermer une partie du marché de l'emploi parmi les plus rémunérateurs.
UE 7, Mémoire professionnel : un exercice à part entière
L'UE 7 est la seule épreuve orale du DSCG. Elle consiste en la soutenance d'un mémoire professionnel devant une commission composée d'un enseignant et d'un professionnel. La soutenance dure 1 heure maximum. Le mémoire doit s'appuyer sur un stage d'au moins 16 semaines ou une expérience professionnelle équivalente. Le sujet doit faire l'objet d'un agrément préalable : un sujet non agréé signifie une soutenance impossible et une année perdue.
Cette contrainte d'agrément est trop souvent découverte tard par les candidats, alors qu'elle structure tout le calendrier de l'UE 7. La demande se prépare longtemps à l'avance, et le mémoire doit être pensé dès le début du cycle, pas dans les dernières semaines.
Attention, nouveauté 2027 : l'arrêté du 4 août 2025 assimile désormais le recours à une intelligence artificielle générative sans travail personnel d'appropriation à une fraude. Ce point concerne directement la rédaction du mémoire. Les outils peuvent aider à la recherche ou à la structuration, mais le travail intellectuel doit rester celui du candidat.

IV. Les dispenses : ce qu'elles couvrent réellement
Les titulaires d'un master CCA officiellement reconnu par le ministère peuvent bénéficier de dispenses pour cinq des sept UE du DSCG. Mais les UE 1 et UE 4 ne font l'objet d'aucune dispense, quelle que soit la filière d'origine. Les dispenses accordées par équivalence n'ouvrent pas droit aux crédits ECTS.
Cette dernière nuance est souvent mal comprise. Un candidat dispensé valide l'UE au titre du diplôme, mais ne capitalise pas les ECTS associés. Le point a son importance pour ceux qui envisagent des passerelles ou une poursuite d'études à l'international, où les crédits comptent autant que le diplôme lui-même.
V. Ce que les données sur les résultats indiquent
Le taux de réussite national au DSCG est structurellement inférieur à celui du DCG. Le passage au niveau master se traduit par une sélectivité accrue, particulièrement sur les UE à coefficient majoré. En 2024, l'IAE Lyon 3 affichait 79,1 % de réussite en alternance. L'ENOES affichait une moyenne de 53 % d'UE validées du premier coup, contre 41 % de moyenne nationale.
Ces chiffres confirment une réalité déjà observée au DCG : la qualité de l'encadrement pèse directement sur les résultats, et l'écart se creuse sur les épreuves les plus techniques. Pour le candidat, la leçon est claire. Le choix de l'établissement et le calibrage de la préparation sur les UE 1, 3 et 4 sont les deux leviers qui déterminent le plus la réussite. Une fois le diplôme obtenu, la marche suivante est le stage : notre article sur comment se déroule le stage d'expertise comptable en détaille les trois années. Les diplômés déjà prêts peuvent consulter les offres en expertise comptable et cibler les cabinets correspondant à leur projet.
Conclusion
Le DSCG n'est pas un DCG augmenté. C'est un diplôme qui teste des compétences différentes : capacité à analyser des situations complexes multi-domaines, à formuler des recommandations stratégiques, à produire un travail de recherche professionnel. Les formats d'épreuves traduisent ces exigences avec précision.
Les deux coefficients majorés sur l'UE 1 et l'UE 3, l'absence de dispense sur l'UE 1 et l'UE 4, la sélectivité accrue par rapport au DCG : tout indique que ce diplôme évalue la maturité professionnelle autant que les connaissances. Bien le préparer, c'est calibrer son effort sur les bonnes UE et anticiper les épreuves qui se jouent sur la durée, à commencer par le mémoire. Pour comprendre ce que les recruteurs valorisent au-delà de la seule mention, il est utile de se pencher sur les logiques de recrutement en cabinet d'expertise comptable.